La Tour de CREST

Le tourisme du Patrimoine historique et culturel

autour des chambres d'hôtes Frédéric MORIN et SALOME à Saillans

La tour de Crest a été édifiée à partir du Xème siècle sur un éperon de roche, ou "creste".
De nombreux toponymes de la région utilisent ce terme, en faisant sonner le "S" ou non comme ici : on dit "cret"
En 1120, une lettre du pape Calixte II provient du château de Crest, «Castrum Cristam».
Au XIIe siècle également un bourg médiéval se développe au pied de la tour portant le nom du seigneur Arnaud de Crest.
En 1217, la tour est assiégée par Simon IV de Montfort (croisade des Albigeois) ; son seigneur le comte Aymar de Poitiers, aparenté à Raymond VI de Toulouse, doit capituler car Arnaud de Die a livré son château haut, aujourd'hui disparu, aux Croisés. Ce fut ici une croisade de politique intérieure destinée à soumettre les opposants au roi de France plutôt qu'à lutter contre une hérésie.
La Guerre des Episcopaux qui s'en suivra, opposant les comtes de Valentinois aux évêques de Die, ne prendra fin qu'en 1347, et la tour épiscopale est alors démolie.
En 1394, une description du château de Crest fait état d'une grande tour carrée en pierre de taille, dans laquelle Louis II de Poitiers a installé son atelier de frappe de monnaie en 1382.


A la fin du XIVe siècle, le vieux donjon roman s'est vu complété par l'adjonction de nouvelles constructions.
En 1419 au décès de Louis II de Poitiers, la tour de Crest devint propriété des rois de France en vertu des dispositions testamentaires de Louis II, lequel avait été ruiné par la succession des destructions causées par les "Routiers", ou mercenaires de Raymond de Turennne, à partir des années 1390.
Sur les ordres de Louis XIII, Richelieu fait détruire le château en 1633 dont il ne reste que cette tour massive dominant la ville de Crest, sauvée à la requête des Crestois.
Les galeries supérieures du donjon, défensives à l'origine, sont transformées en prisons ; elles le resteront jusqu'en 1873.
Les murs conservent beaucoup d'inscriptions de proscrits du Second Empire, enfermés en 1851 à l'issue du Coup d'Etat de Napoléon III.
La tour de Crest a été classée monument historique le 6 juin 1877.
Elle appartient depuis 1988 à la ville de Crest qui l'a ouverte à la visite et fait admirer sa grande hauteur de 52m, offrant un panorama exceptionnel sur la Vallée de la Drôme et la Forêt de Saoû.
lien vers le site officiel de la Tour de Crest
crest drome donjon, vue generale montrant les differentes structure protegees par le Grand Mur nord
crest drome tour, axonometrie, dessin Sebastien HUOT 1985

La mise en valeur de l'intérieur de la tour, ouverte au public, est remarquable.
Les éclairages sont esthétiques et soignés, et les explications claires.
De magnifiques maquettes font visualiser les différentes phases de construction : 1-Tour Vieille, 2-Tour Neuve, 3-Tour du Croton, et la progression des espaces médians de la cage d'escalier abrités par 4-le mur-bouclier ou Manteau au Nord.





abrégé de chronologie crestoise :

En 1120 : le pape Calixte II y date une lettre.
En 1145 : Arnaud de Crest donne à l’évêque de Die ses château haut (castrorum superius) et terres de Crest pour financer son voyage en Terre Sainte.
En 1163 : le château bas (inferius vero castrum) est aux mains de Guillaume de Crest dit Poitiers, comte de Valentinois
En 1178 : l’empereur Frédéric 1er Barberousse confirme les évêques de Die pour leur moitié de Crest (mediatatem Criste et mandamenti)
En 1217 : siège de Simon IV de Montfort à l’occasion de la Croisade des Albigeois. Suite au ralliement de Silvion de Crest et de l’évêque de Die aux Croisés (tour épiscopale haute), le comte Aymar II de Poitiers (fils de Guillaume de Crest), apparenté à Raymond VII de Toulouse visé par la Croisade, capitule pour la tour basse.
En 1226 : l’évêque de Valence occupe sans titre le château supérieur
En 1267 : le dauphin de Viennois cède les droits épiscopaux à Aymar III de Poitiers comte de Valentinois et l’aide à en chasser l’évêque de Valence. Il fait rehausser et renforcer la tour haute.
En 1278 : chassé de la tour haute, Amédée de Roussillon évêque de Valence et de Die construit une troisième fortification au Nord, à l’emplacement du Calvaire, dominant son ancienne tour haute.
En 1354 : cette troisième tour épiscopale est détruite par les troupes du comte de Valentinois ; il n'en reste aujourd'hui rien de visible.
En 1356 : traité de Lyon ratifiant la fin de la Guerre des Episcopaux : les Poitiers comtes de Diois et Valentinois l’emportent.
En 1374, Aymar VI de Poitiers place ses comtés sous la suzeraineté pontificale (d’Avignon) contre 30.000 florins.
En 1382 : Louis II de Poitiers frappe monnaie dans sa tour de Crest qui est devenu la considérable forteresse que nous connaissons.
En 1419 : à la mort sans héritiers de Louis II de Poitiers, le fief de Crest passe au dauphin du roi de France alors Charles futur VII (1403-R=1422-1461). La succession n’est réglée qu’en 1446 alors que Louis II de France futur XIe (1423-R=1461-1483) est dauphin.
En 1633 : destruction du château de Crest ordonnée par Richelieu sous Louis XIII, mais la tour est sauvée ! elle est transformée en prison jusqu’en 1873.
En 1917 : le dynamitage de la tour de Coucy (02) haute de 54m fait de Crest (52m) le plus haut donjon de France, racheté en 1988 d’entre les mains de Pierre Chabrières pour 1MF (150.000 €).

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