Le château de MORNANS

Le tourisme du Patrimoine historique et culturel

autour des chambres d'hôtes Frédéric MORIN et SALOME à Saillans


A quelques kilomètres à l'Ouest de Bourdeaux, le site fortifié de Mornans occupe un éperon rocheux qui domine la région, entre Saoû et Bourdeaux.
Ses vestiges sont d'un accès facile, depuis Bourdeaux plutôt que depuis Mornans et sa mairie.

Le château est légèrement dominé par la masse rocheuse de cet éperon, dont le sommet et les pentes ont été aplanis. Ce sommet était donc déjà occupé au moment de la construction de la tour circulaire et du logis associé, de plan carré.
Un fossé sépare le château en pierre des parties plus anciennes, probablement édifiées de bois.

Sur les 16m de hauteur conservée à la tour circulaire, aucun dispositif de défense n'est à voir, sauf à considérer que la latrine de la tour, construite en encorbellement au-dessus du fossé, était un ouvrage défensif. Il faut donc considérer que le danger ne pouvait pas venir depuis l'éperon, qui était donc occupé par des fortifications amies.
Depuis le XVIIe siècle, la ferme de la Tour pérénise l'occupation agricole et remplace la Viale, enserrée dans les fortifications périphériques au château.


le site de Mornans
la ferme de la Tour du XVIIe siècle au pied du château de Mornans

La muraille du château forme un plan carré de 20m de côté environ, partagé en deux parties inégales par un mur intermédiaire, faisant imaginer la salle d'un logis (5x20m) au nord-est du château dans une partie totalement ruinée. L'espace central pouvait être une cour, partiellement couverte de structures en bois.
cartographie du chateau de Mornans
château de Mornans, les terrasses de la viale au flanc de l'éperon
En face au sud-ouest, la tour circulaire (8m de diamètre) interrompt la muraille quadrangulaire dont les assises romanes les plus basses sont moisées avec celles de la tour. La salle basse mesure 4m de diamètre ; on y accédait depuis le premier étage par un trou d'homme percé au milieu de sa coupole en pierre. Aucun accès direct n'était autrefois possible depuis la cour. Une petite fenêtre donnait bien peu d'air depuis la cour du château.

On accédait à l'intérieur de la tour par cette salle au premier étage, par une porte en plein-cintre ouverte sur la cour. Pour monter ? un escalier de bois facile à détruire en cas de siège, ou une simple échelle ? Si l'extérieur de la tour est circulaire, cette pièce est de plan carré. La voûte d'arête en tuf de sa couverture repose sur une croisée d'ogives de section carrée. La clef centrale présente la forme recherchée d'une croix grecque.
Une belle fenêtre en plein-cintre, à placard et deux coussièges (banquettes latérales) s'ouvre au sud en direction de Bourdeaux, et distribue la lumière dans cette salle.
Le confort de cette pièce est également attesté par l'aménagement d'une latrine dans son angle ouest, en encorbellement à l'extérieur de la tour, mais surplombant partiellement le rempart.
Depuis cet angle nord-ouest démarre un escalier interne au mur de la tour, s'élevant au-dessus de la porte d'accès au premier étage, donnant accès à une deuxième salle carrée au 2ème étage, elle-aussi couverte d'une voûte d'arêtes dont l'arrachage de la croisée d'ogives est encore visible.
Il n'est pas certain que l'aménagement, sur un plan carré, de l'intérieur de cette tour soit contemporain de la construction du parement extérieur circulaire de la tour qui pourrait donc être antérieur. Ces aménagements intérieurs pourraient bien être ceux de Guillaume de Mornans, dont la fortune se constitua dans le premier tiers du XVIe siècle, entre 1321 et 1327.


Au Sud de la tour circulaire, la muraille quadrangulaire n'est pas moisée avec le parement de la tour : cette dernière est donc d'une construction antérieure de ce côté-ci. D'ailleurs, la muraille quadrangulaire oblitère la fenêtre sud Mais une belle fenêtre romane au fort ébrasement, à l'arc joliment appareillé en tuf (XIIIe-XIVe siècles), s'ouvre à une altitude bien basse par rapport à l'intérieur de la tour d'une part, mais aussi par rapport au niveau du sol actuel de la cour d'autre part tout comme enfin du fossé défensif. Il faut donc prendre en compte un fort rehaussement du sol intérieur du château.
Une latrine très bien conservée est aménagée dans l'angle sud de la muraille quadrangulaire ; celle-ci s'ouvre à un niveau plus élevé que la base de la fenêtre romane.
Au-dessus de cette latrine, dans une maçonnerie qui semble moins soignée que celle romane et de la latrine, les encastrement de fortes poutres permettent de restituer un plafond au-dessus de la latrine, oblitérant la fenêtre romane. Ce plafond était aussi le plancher du pigeonnier dont 62 trous sont encore visibles.
Au-dessus encore, une fenêtre carrée s'ouvre au fond d'une niche voûtée en arc brisé ; un autre départ de voûte fait comprendre que cette partie avait été voûtée. Il s'agit là des parties relevées aux XVIe et XVIIe siècles pendant les guerres de Religions.
Les matériaux de cette couverture voûtée sont tombés et ont rehaussé le sol de l'ancienne cour médiévale comme déjà évoqué.
Ce rehaussement forme une très forte déclivité vers le nord-ouest : un affouillement sous la tour circulaire fait suspecter l'existence d'un niveau inférieur à celui aujourd'hui visible.





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