"LA CULTURE EN PARTAGE" avec
Frédéric MORIN architecte-conférencier

Histoires d'Architectures bioclimatiques

Les Qanats
L'adaptation de l'architecture traditionnelle en Iran au climat désertique : une belle exploitation des maigres ressources en eau combinée à des espaces de vie ingénieusement conçus

Voici une partie du diaporama proposé par Frédéric Morin, architecte-conférencier, pour préparer l'adaptation de nos habitats face au réchauffement climatique, par des espaces adaptés et un intelligent usage de l'eau pour la capter, la conserver et l'utiliser plusieurs fois à plusieurs usages différents.

Ces architectures traditionnelles peuvent inspirer nos choix face aux enjeux climatiques qui vont marquer les décennies à venir. Avec des températures de plus en plus élevées et un climat globalement plus continental, comment assurer le confort tout en diminuant le coût énergétique d'exploitation des espaces de la vie des humains toujours plus nombreux ?

conférence de Frédéric Morin sur l'architecture traditionnelle bioclimatique dans les zones désertiques
  l'adaptation aux changements climatiques : les solutions traditionnelles en Iran

Dans ces régions telles que la plus grande partie de l'Iran, tout est modelé par l'exceptionnelle dureté des condidions climatiques, sur les plateaux d'altitude généralement supérieure à 1.000 mètres. À Yazd au centre de l'Iran, (à 1.216m d'altitude, amplitude thermique de -16° à +45°C) la moyenne des températures hautes dépasse 30°C pendant 5 mois de mai à septembre, alors que la moyenne des températures basse descend sous 5°C durant 4 mois de novembre à février, dont 2 mois sous zéro. La pluviométrie annuelle ne parvient pas à atteindre 5 cm ! (par comparaison, cette pluviométrie est supérieure à 76 cm à Nîmes où il fait aussi chaud en été mais moins froid en hiver).
Il faut donc retenir la rare eau superficielle et capter l'eau souterraine, la conserver depuis la saison hivernale (où l'altitude fait qu'elle tombe sous forme de neige) jusqu'au milieu de l'automne suivant, l'acheminer pour la distribuer et l'utiliser plusieurs fois, en répartissant les usages entre l'irrigation des cultures, la boisson des hommes et des bêtes, l'énergie du travail des moulins (farine, textile...), le rafraîchissement des espaces de vie, maisons, jardins et hammams.
En effet, il n'y a pour ainsi dire pas d'eau en surface pour abreuver le bétail ; l'agriculture est subordonnée à l'irrigation et à l'amendement des sols puisque la vie animale est insuffisante pour les fertiliser naturellement. Dans ces régions désertiques l'architecture règle non seulement le rapport entre l'intérieur et l'extérieur mais aussi celui entre dessus le sol et dessous le sol, entre « en surface » et « sous-terre » car c'est là que l'on va chercher l'eau vitale :



conférence sur l'architecture traditionnelle bioclimatique dans les zones désertiques

Au cours des siècles, d'ingénieux dispositifs techniques et des espaces particuliers ont été développés et permettent de vivre (frugalement) dans des régions particulièrement inhospitalières suivant nos critères européens. Les qanats (= foggaras au Maghreb) sont des systèmes de puits et tunnels souterrains qui captent l'eau des nappes phréatiques pour la conduire, à l'abri de l'évaporation, là où elle est vitale. Toutes ces architectures traditionnelles ont des espaces souterrains, les sirdab arabes ou sardab iraniens. L'évaporation de l'eau en profondeur y est en Iran accélérée par des tours à vent (badghirs) pour renouveler l'air en profondeur en apportant un air sec qui peut se rafraîchir en absorbant l'humidité souterraine et corrélativement des calories.
De grosses citernes de stockage d'eau (ab-anbar) sont également creusées dans la terre et remplies par les qanats; un dôme les protège du soleil et leur eau est maintenue froide par évaporation contrôlée grâce aux baghirs, les tours à vent qui ont fait la célébrité de Yazd.
Nous allons voir ensemble comment, avec des matériaux limités à la brique ou l'adobe et aussi peu de bois que possible, la tradition a mis au point des espaces et des techniques ingénieux, très simples et durables, pour vivre dans des conditions climatiques extrêmes.

l'architecture traditionnelle bioclimatique dans les zones désertiques et l'adaptation aux changements climatiques : les solutions traditionnelles en Iran :


Le qanat ou qariz = tunnel de captage et d'acheminement souterrain des eaux d'une nappe phréatique d'altitude :


principe schématique du qanat

vue aérienne du tracé d'un qanat dans le désert de Lout à Shafiabad (près Kerman) - le quadrillage indique que le lieu a autefois été cultivé

vue aérienne du tracé de 2 qanats dans le désert de Lout - le quadrillage indique que le lieu a autefois été cultivé

vue aérienne du tracé de 5 qanats dans le désert de Lout

au sol la succession des anneaux de gravats d'excavation des puits et tunnel souterrain

principe schématique du creusement d'un qanat dans des alluvions sédimentaires

photo ancienne d'un treuil en usage à Ispahan

Yazd - Musée de l'Eau - treuil traditionnel pour puiser de l'eau ou pour descendre un homme ou remonter de la terre (présentation mséographique)

vue aerienne d'un anneau des gravats d'excavation des puits et tunnel avec le treuil au-dessus d'un puits

au sol treuil au-dessus d'un puits de qanat

Qanats de Qasabeh à Gonabad - détail du puits et de son treuil (présentation mséographique)

désert de Lout - descente d'un homme au treuil traditionnel pour remonter de la terre

Ispahan - galerie d'un qanat montrant l'eau collectée et la lumière apportée par un puits

Ispahan - galerie d'un qanat montrant l'eau collectée et la lumière apportée par un puits

Yazd - qanat de Zarch montrant l'eau collectée

Yazd - galerie d'un qanat montrant l'eau collectée et la lumière apportée par un puits

Yazd - qanat montrant l'eau collectée

Les usages de l'eau collectée et distribuée par les qanats ou qarizs sont nombreux : réservoirs Ab-Anbar, escalier de puisage Payab, salle souterraine Sardab dans les habitations, moulin hydraulique... ici illustrés à Yazd :


Yazd - section de principe montrant les différents usages de l'eau collectée dans la nappe phréatique d'altitude  : Ab-Anbar, Payab, Sardab, moulin hydraulique

Les Qanats de Ghasabe ou Kariz Kai Khosrow à Gonabab ont été creusés par les Achéménides entre 550 et 330 BC ; ils sont les plus anciens connus. Leur réseau parcours plus de 33 km avec 427 puits identifiés. Ils ont été inscrits sur la liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO en 2016 ; un film documentaire présente leur histoire et leur réalisation, sans traduction mais les longueurs de la réalisation laissent tout le temps de comprendre les différentes astuces mises en oeuvre pour se diriger sous terre, par exemple. Puis-je recommander les minutes de 15' à 20', autour de 30', de 48' à 55' ?
Dans un décor lunaire, la visite commence par une rampe descendante qui rappelle les baoli du Gujarat voisin. Cette disposition fait voir la coupe d'un puits avec son panier et son treuil :


Gonabad - qanats de Ghasabe : environnement et accès

Gonabad - sous la neige : environnement

Gonabad - qanats de Ghasabe : accès montrant un puits de creusement

Gonabad - qanats de Ghasabe : accès et treuil du puits de creusement

Gonabad - qanats de Ghasabe : accès et treuil du puits de creusement

Gonabad - qanats de Ghasabe : treuil du puits de creusement (présentation mséographique)

Gonabad - qanats de Ghasabe : descente sous le puits de creusement

Gonabad - qanats de Ghasabe : entrée sous le puits de creusement

Gonabad - qanats de Ghasabe : à l'intérieur des galeries

Gonabad - qanats de Ghasabe : à l'intérieur des galeries

Gonabad - qanats de Ghasabe : à l'intérieur des galeries

Gonabad - qanats de Ghasabe : à l'intérieur des galeries

Gonabad - qanats de Ghasabe : à l'intérieur des galeries

Gonabad - qanats de Ghasabe : à l'intérieur des galeries partie creusée dans la roche

Gonabad - qanats de Ghasabe : à l'intérieur des galeries partie creusée dans la roche

Gonabad - qanats de Ghasabe : à l'intérieur des galeries partie creusée dans la roche

Gonabad - qanats de Ghasabe : à l'intérieur d'un puits


RETOUR VERS LE HAUT DE PAGE
D'autres informations ? poursuivez en visitant :
conférence de Frédéric Morin sur l'architecture traditionnelle bioclimatique dans les zones désertiques
  l'adaptation aux changements climatiques : les solutions traditionnelles en Iran

complété et mis à jour le 8 juillet 2020
mentions-légales


Droit à l'Image :
si vous souhaitez que l'une de vos photos
soit supprimée de ce site pédagogique,
merci de contacter le webmaster :
ici





HISTOIRES
D'ARCHITECTURES



terrasse pergola table hotes saillans vue 3 becs foret saou www.chambres-hotes-morin-salome.fr

.

pour contacter Frédéric Morin
architecte-conférencier :
06.14.18.75.89 -- 04.75.21.43.95


Droit à l'Image :
si vous souhaitez que l'une de vos photos
soit supprimée de ce site pédagogique,
merci de contacter le webmaster :
ici



RETOUR VERS
LES AUTRES
CONFERENCES DE
FREDERIC MORIN
cliquez ici

.
Conférences proposées
dans le cadre des nombreuses
Universités Populaires de la Drôme
ou à la
Maison de l'Architecture de la Drôme

Maison de l'Architecture de la Drôme logo
Association Loi 1901
Maison des Têtes
57, Grande Rue
26000 VALENCE
contact
.

LA FLUIDITÉ DES ESPACES ENTRE DEDANS ET DEHORS, OU « À LA FOIS DEDANS ET DEHORS », AVEC L'ARCHITECTURE MODERNE DEPUIS 1900 JUSQU'À 1980 :

ARCHITECTURE et CLIMAT
Fluidite des espaces
conference sur la fluidite des espaces dans l'architecture moderne
Adaptation climatique
Architecture moderne 1900-1980

ARCHITECTURE et CLIMAT
Fluidite des espaces
conference sur la fluidite des espaces dans l'architecture contemporaine
Adaptation bio-climatique
Architecture contemporaine 1980-2019

MAISONS D'ARCHITECTES
conférence de Frédéric Morin sur les maisons iconiques d'architectes vers une belle architecture bioclimatique adaptée au réchauffement
belle architecture bioclimatique
adaptation au réchauffement


ARCHITECTURE et CLIMAT
l'adaptation aux changements climatiques par la fluidité des espaces : 
  l'exemple des palais orientaux ; conférence de Frédéric Morin
l'adaptation des palais orientaux


ARCHITECTURE des DESERTS
conférence de Frédéric Morin sur l'architecture traditionnelle bioclimatique dans les zones désertiques
  l'adaptation aux changements climatiques : les solutions traditionnelles en Iran
adaptation des maisons en Iran


Elevage traditionnel en Iran
Ispahan pigeonniers pigeon-towers
ressources vivrières

Cultures traditionnelles en Iran
cultures de rapport en Iran : roses, pistache, safran
ressources économiques

CLIMAT en IRAN
statistiques climat Firouzabad Ispahan Kashan Kerman Mashad Shiraz Tabriz Yazd
données comparatives

Shaduf ou Shadouf
Shaduf ou Shadouf puisage de l'eau au Proche-Orient
puisage de l'eau en Orient

Araghatta ou Roue persane
Roue persane, Araghatta, Sakia : roue à godets de puisage de l'eau au Moyen-Orient
puisage de l'eau en Orient

Baoli ou Steepwell
Baori, Baoli, Ki-Vav : puits à escalier (steepwell) aux Indes
puisage de l'eau en Orient

QANAT ou QUARIZ
Qanat, Kariz ou Foggara au Maghreb : tunnel de captage des eaux souterraines
captage + transport de l'eau

AB-ANBAR + BADGHIR
Ab-Anbar : réservoir souterrain d'eau rafraîchie par des tours attrape-vent = Badghirs ou Bagirs (wind-catchers)
stockage d'eau rafraîchie

PAYAB et SARDAB
Payab et Sirdab ou Sardab : escaliers et salle souterraine avec bassin alimenté par un qanat
salle de séjour souterrain

MOULINS à FARINE
moulins hydrauliques souterrains alimentés par qanat
énergie de l'eau

YAKHTCHAL
Yakhtchal ou Yakhchal : dispositif de fabrication en hiver et de stockage en été de la glace
glacière / conservation

SHIRAZ mausolée Saadi
Shiraz sardab public jouxtant le mausolée de Saadi
sardab public

KASHAN Fin Garden
Kashan jardin de Fin par Shah Abbas 1er (1571-1629) complété sous les Kadjars au XIXe siècle
Shah Abbas av. 1629

ISPAHAN Hast Behesht
Ispahan palais Hasht-Behesht en 1669 par Suleiman Ier (1666-1694)
Suleiman 1er 1669

KASHAN Manouchehri
Kashan maison Manouchehri vers 1736
vers 1736

YAZD Dolat Abad
Yazd jardin et palais Dolat Abad vers 1750 par le régent Karim Khan Zand (1760-1779)
Karim Khan Zand v. 1750

TABRIZ Bazaar
Tabriz Bazaar reconstruit après le tremblement de terre de 1778 sous Karim Khan Zand (1760-1779)
Karim Khan Zand 1779

SHIRAZ hammam Vakil
Shiraz Hammam Vakil sous Karim Khan Zand (1760-1779)
Karim Khan Zand av. 1779

KASHAN maison Abbasi

Agha Abbasi 1780-1800

KASHAN Bazaar
Kashan Bazaar Khan Timche-ye Amin od-Dowleh construit par l'architecte Hustaz Ali Maryam en 1863
Hustaz Ali Maryam 1863

KERMAN Mahan Shazdeh
Kerman Mahan jardin Shazded v. 1870 sous Abdolhamid Mirza Naserodolleh (1848-1896)
Nassereddine Chah v. 1870


ARCHITECTURE MODERNE
histoire de l'architecture moderne en Allemagne jusqu'en 1933 ; conference de Frederic Morin
LES APPORTS ALLEMANDS


LES PONTS histoire et techniques de construction des ponts depuis l'Antiquité romaine jusqu'à aujourd'hui ; conference de Frederic Morin
HISTOIRE & TECHNIQUES


MUSEES DU Architectures des musées du Sud-Est de la France ; conference de Frederic Morin
SUD-EST DE LA FRANCE


MATERIAUX de CONSTRUCTION
conference 2019 histoire techniques fabrication des materiaux de construction ; conference de Frédéric Morin
histoire de leur fabrication


ARCHITECTURE CHRETIENNE
conference 2019 histoire de l'architecture chrétienne le long du pelerinage de Saint-Jacques de Compostelle
sur les chemins de St-Jacques


ENTRE DEHORS ET DEDANS
LA CONCEPTION MUSULMANE DE L'ARCHITECTURE
  La notion musulmane de l’espace privilégie un espace intermédiaire
  entre les espaces intérieurs et extérieurs : « ENTRE DEDANS ET DEHORS ».
  L’aboutissement de l’art des architectes musulmans ne serait pas la conception des volumes, 
  mais résiderait plutôt dans la manière de ne pas fermer l’espace.
conception musulmane de l'espace


RETOUR VERS
LES AUTRES
CONFERENCES DE
FREDERIC MORIN
cliquez ici

.