"LA CULTURE EN PARTAGE" avec
Frédéric MORIN architecte-conférencier

Histoires d'Architectures bioclimatiques

Mahan près Kerman : jardin Shahzadeh vers 1850-1870
L'adaptation de l'architecture traditionnelle en Iran au climat désertique : une belle exploitation des maigres ressources en eau combinée à des espaces de vie ingénieusement conçus
Une architecture bioclimatique avant la lettre

Voici une partie du diaporama proposé par Frédéric Morin, architecte-conférencier, pour préparer l'adaptation de nos habitats face au réchauffement climatique, par des espaces adaptés et un intelligent usage de l'eau pour la capter, la conserver et l'utiliser plusieurs fois à plusieurs usages différents.

Ces architectures traditionnelles peuvent inspirer nos choix face aux enjeux climatiques qui vont marquer les décennies à venir. Avec des températures de plus en plus élevées et un climat globalement plus continental, comment assurer le confort tout en diminuant le coût énergétique d'exploitation des espaces de la vie des humains toujours plus nombreux ?

conférence de Frédéric Morin sur l'architecture traditionnelle bioclimatique dans les zones désertiques
  l'adaptation aux changements climatiques : les solutions traditionnelles en Iran

Dans ces régions, le rapport entre l'intérieur et l'extérieur des constructions est modelé par l'exceptionnelle dureté des condidions climatiques, sur les plateaux d'altitude généralement supérieure à 1.000 mètres. À Kerman au centre de l'Iran et grâce à son altitude de 1.750m, la moyenne des températures hautes ne dépasse 30°C que pendant 4 mois de juin à septembre, alors que la moyenne des températures basse descend sous 5°C durant 6 mois de Octobre à mars, dont 4 mois sous zéro. La pluviométrie annuelle ne parvient pas à atteindre 15 cm ! (par comparaison, cette pluviométrie est supérieure à 76 cm à Nîmes où il fait aussi chaud en été mais moins froid en hiver).
Mahan près Kerman : jardin Shahzadeh v. 1870 - vue aérienne

Il faut donc retenir la rare eau superficielle et capter l'eau souterraine, la conserver depuis la saison hivernale (où l'altitude fait qu'elle tombe sous forme de neige) jusqu'au milieu de l'automne suivant, l'acheminer pour la distribuer et l'utiliser plusieurs fois, en répartissant les usages entre l'irrigation des cultures, la boisson des hommes et des bêtes, l'énergie du travail des moulins (farine, textile...), le rafraîchissement des espaces de vie, maisons, jardins et hammams.
En effet, il n'y a pour ainsi dire pas d'eau en surface pour abreuver le bétail ; l'agriculture est subordonnée à l'irrigation et à l'amendement des sols puisque la vie animale est insuffisante pour les fertiliser naturellement. Au cours des siècles, d'ingénieux dispositifs techniques et des espaces particuliers ont été développés et permettent de vivre (frugalement) dans des régions particulièrement inhospitalières suivant nos critères européens. Les qanats, systèmes de puits et tunnels souterrains, captent l'eau des nappes phréatiques pour la conduire, à l'abri de l'évaporation, là où elle est vitale :
conférence sur l'architecture traditionnelle bioclimatique dans les zones désertiques

Nous allons voir ensemble comment, avec des matériaux limités à la brique, l'adobe et aussi peu de bois que possible, la tradition a mis au point des espaces et des techniques ingénieux, très simples et durables, pour vivre dans des conditions climatiques extrêmes.


Kerman Mahan Shazdeh garden under snow

Mahan près Kerman (à 35km au Sud) :
ce jardin Shahzadeh créé vers 1850 par le Kadjar Mohammad Hassan Khan Sardari Iravani puis développé vers 1870 sous Abdolhamid Mirza Naserodolleh (1848-1896) a été inscrit sur la Liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO en 2011 :


architecture bioclimatique = fluidité des espaces entre dedans et dehors : Mahan près Kerman : jardin Shahzadeh v. 1870 - vue aérienne

Mahan près Kerman : jardin Shazdeh v. 1870 - vue aérienne

Développé sur 5,5 hectares, le jardin Shahzadeh est un jardin de production agricole et pas seulement le jardin d'agrément qu'il est aussi ! C'est un jardin en cascade naturelle alimenté en eau par le Tigran Qanat :


architecture bioclimatique = fluidité des espaces entre dedans et dehors : Mahan près Kerman : jardin Shazdeh v. 1870 - plan et section

C'est un jardin en cascade naturelle alimenté en eau par le Tigran Qanat. Ce cliché montre bien que les puits des deux qanats parallèles ont été creusés parmi des banquettes de terrasses antérieurement cultivées :


architecture bioclimatique = fluidité des espaces entre dedans et dehors : Mahan près Kerman : jardin Shazdeh v. 1870 - qanat d'alimentation en eau - vue aérienne

Puits du qanat au milieu du lit desséché du Tigran :


Mahan près Kerman : jardin Shazdeh v. 1870 - puits de creusement d'un qanat

Mahan près Kerman : jardin Shazdeh v. 1870 - galerie d'un qanat

Kerman climate data

Le jardin est entouré d'une enceinte. Lorsque celle-ci n'est pas constituée des habitations du personnel ou des locaux techniques, alors les murs sont des claustras de brique. Les expérimentations en soufflerie ont confirmé que les murs pleins accumulent la poussière et créent des tourbillons nocifs sous le vent, alors que des claustras freinent le vent sans retenir la poussière du désert. Ici, une première banquette dallée permet néanmoins de balayer ce qui serait venu de l'extérieur et les arbres sont plantés à quelque distance, en contrebas pour être facilement détrempés et conserver les amendements nécessaires à leur croissance :



architecture bioclimatique = fluidité des espaces entre dedans et dehors : Mahan près Kerman : jardin Shahzadeh v. 1870 - mur d'enceinte en claustra de brique

architecture bioclimatique = fluidité des espaces entre dedans et dehors : Mahan près Kerman : jardin Shahzadeh v. 1870 - mur d'enceinte en claustra de brique

Le pavillon d'accueil Bala Khaneh en aval, d'où l'eau s'écoule en sortant du jardin :


architecture bioclimatique = fluidité des espaces entre dedans et dehors : Mahan près Kerman : jardin Shazdeh v. 1870 - la sortie de l'eau depuis le pavillon d'entrée Bala Khaneh

architecture bioclimatique = fluidité des espaces entre dedans et dehors : Mahan près Kerman : jardin Shazdeh v. 1870 - le pavillon d'entrée Bala Khaneh

architecture bioclimatique = fluidité des espaces entre dedans et dehors : Mahan près Kerman : jardin Shazdeh v. 1870 - le portail du pavillon d'entrée Bala Khaneh

architecture bioclimatique = fluidité des espaces entre dedans et dehors : Mahan près Kerman : jardin Shazdeh v. 1870 - au travers de la porte du pavillon d'entrée Bala Khaneh

architecture bioclimatique = fluidité des espaces entre dedans et dehors : Mahan près Kerman : jardin Shazdeh v. 1870 - la coupole du vestibule du pavillon d'entrée Bala Khaneh

La pièce principale du jardin Shahzadeh est un long escalier d'eau qui cascade dans l'axe de la composition du jardin, arrosant par voie gravitaire la totalité des banquettes étagées. Le dispositif est à la fois techniquement ingénieux et efficace, et esthétique en théâtralisant la perspective :


architecture bioclimatique = fluidité des espaces entre dedans et dehors : Mahan près Kerman : jardin Shazdeh v. 1870 - l'escalier d'eau

Les espèces d'arbres sont également choisies en fonction de leur résistance aux éléments, très rustiques à l'extérieur et plus fragiles vers l'intérieurs, jusqu'aux arbres fruitiers. Les cêdres et pins aux aiguilles persistantes et peu opaques aux vents offrent un premier écran aux vents d'Est, du désert. Frênes, ormes, platanes et peupliers (utiles pour leur bois) fournissent également de l'ombre et facilitent ainsi le développement des fruitiers : outre la vigne, pruniers, abricotiers, poiriers, pommiers, grenadiers, cognassier et pêchers dont la Perse serait le berceau (prunus persica en latin) ou à défaut le transmetteur depuis la Chine :


Mahan près Kerman : jardin Shazdeh v. 1870 - l'escalier d'eau

Mahan près Kerman : jardin Shazdeh v. 1870 - l'escalier d'eau

Mahan près Kerman : jardin Shazdeh v. 1870 - l'escalier d'eau

Mahan près Kerman : jardin Shazdeh v. 1870 - l'escalier d'eau en automne

architecture bioclimatique = fluidité des espaces entre dedans et dehors : Mahan près Kerman : jardin Shazdeh v. 1870 - Sardar Khaneh, le pavillon supérieur ou amont vu au travers de la porte d'entrée

Le pavillon résidentiel Sardar Khaneh, d'où l'eau s'écoule vers le jardin, a été utilisé comme résidence d'été par Abdolhamid Mirza Naserodolleh :


architecture bioclimatique = fluidité des espaces entre dedans et dehors : Mahan près Kerman : jardin Shazdeh v. 1870 - Sardar Khaneh, le pavillon supérieur ou amont

architecture bioclimatique = fluidité des espaces entre dedans et dehors : Mahan près Kerman : jardin Shazdeh v. 1870 - Sardar Khaneh, le pavillon supérieur ou amont

architecture bioclimatique = fluidité des espaces entre dedans et dehors : Mahan près Kerman : jardin Shazdeh v. 1870 - Sardar Khaneh, le pavillon supérieur ou amont

architecture bioclimatique = fluidité des espaces entre dedans et dehors : Mahan près Kerman : jardin Shazdeh v. 1870 - la perspective vers l'aval depuis le pavillon supérieur ou amont d'où l'eau s'écoule

architecture bioclimatique = fluidité des espaces entre dedans et dehors : Mahan près Kerman : jardin Shazdeh v. 1870 - la perspective vers l'aval depuis le pavillon supérieur ou amont d'où l'eau s'écoule

architecture bioclimatique = fluidité des espaces entre dedans et dehors : Mahan près Kerman : jardin Shazdeh v. 1870 - la descente vers le pavillon médian Bala Khaneh

architecture bioclimatique = fluidité des espaces entre dedans et dehors : Mahan près Kerman : jardin Shazdeh v. 1870 - le pavillon médian Bala Khaneh

architecture bioclimatique = fluidité des espaces entre dedans et dehors : Mahan près Kerman : jardin Shazdeh v. 1870 - le pavillon médian Bala Khaneh

architecture bioclimatique = fluidité des espaces entre dedans et dehors : Mahan près Kerman : jardin Shazdeh v. 1870 - la descente vers le pavillon médian Bala Khaneh

architecture bioclimatique = fluidité des espaces entre dedans et dehors : Mahan près Kerman : jardin Shazdeh v. 1870 - sortie via le pavillon médian Bala Khaneh

RETOUR VERS LE HAUT DE PAGE
D'autres informations ? poursuivez en visitant :
conférence de Frédéric Morin sur l'architecture traditionnelle bioclimatique dans les zones désertiques
  l'adaptation aux changements climatiques : les solutions traditionnelles en Iran

complété et mis à jour le 8 juillet 2020
mentions-légales


Droit à l'Image :
si vous souhaitez que l'une de vos photos
soit supprimée de ce site pédagogique,
merci de contacter le webmaster :
ici





HISTOIRES
D'ARCHITECTURES



terrasse pergola table hotes saillans vue 3 becs foret saou www.chambres-hotes-morin-salome.fr

.

pour contacter Frédéric Morin
architecte-conférencier :
06.14.18.75.89 -- 04.75.21.43.95


Droit à l'Image :
si vous souhaitez que l'une de vos photos
soit supprimée de ce site pédagogique,
merci de contacter le webmaster :
ici



RETOUR VERS
LES AUTRES
CONFERENCES DE
FREDERIC MORIN
cliquez ici

.
Conférences proposées
dans le cadre des nombreuses
Universités Populaires de la Drôme
ou à la
Maison de l'Architecture de la Drôme

Maison de l'Architecture de la Drôme logo
Association Loi 1901
Maison des Têtes
57, Grande Rue
26000 VALENCE
contact
.

LA FLUIDITÉ DES ESPACES ENTRE DEDANS ET DEHORS, OU « À LA FOIS DEDANS ET DEHORS », AVEC L'ARCHITECTURE MODERNE DEPUIS 1900 JUSQU'À 1980 :

ARCHITECTURE et CLIMAT
Fluidite des espaces
conference sur la fluidite des espaces dans l'architecture moderne
Adaptation climatique
Architecture moderne 1900-1980

ARCHITECTURE et CLIMAT
Fluidite des espaces
conference sur la fluidite des espaces dans l'architecture contemporaine
Adaptation bio-climatique
Architecture contemporaine 1980-2019


ARCHITECTURE et CLIMAT
l'adaptation aux changements climatiques par la fluidité des espaces : 
  l'exemple des palais orientaux ; conférence de Frédéric Morin
l'adaptation des palais orientaux


ARCHITECTURE des DESERTS
conférence de Frédéric Morin sur l'architecture traditionnelle bioclimatique dans les zones désertiques
  l'adaptation aux changements climatiques : les solutions traditionnelles en Iran
adaptation des maisons en Iran


Elevage traditionnel en Iran
Ispahan pigeonniers pigeon-towers
ressources vivrières

Cultures traditionnelles en Iran
cultures de rapport en Iran : roses, pistache, safran
ressources économiques

CLIMAT en IRAN
statistiques climat Firouzabad Ispahan Kashan Kerman Mashad Shiraz Tabriz Yazd
données comparatives

Shaduf ou Shadouf
Shaduf ou Shadouf puisage de l'eau au Proche-Orient
puisage de l'eau en Orient

Araghatta ou Roue persane
Roue persane, Araghatta, Sakia : roue à godets de puisage de l'eau au Moyen-Orient
puisage de l'eau en Orient

Baoli ou Steepwell
Baori, Baoli, Ki-Vav : puits à escalier (steepwell) aux Indes
puisage de l'eau en Orient

QANAT ou QUARIZ
Qanat, Kariz ou Foggara au Maghreb : tunnel de captage des eaux souterraines
captage + transport de l'eau

AB-ANBAR + BADGHIR
Ab-Anbar : réservoir souterrain d'eau rafraîchie par des tours attrape-vent = Badghirs ou Bagirs (wind-catchers)
stockage d'eau rafraîchie

PAYAB et SARDAB
Payab et Sirdab ou Sardab : escaliers et salle souterraine avec bassin alimenté par un qanat
salle de séjour souterrain

MOULINS à FARINE
moulins hydrauliques souterrains alimentés par qanat
énergie de l'eau

YAKHTCHAL
Yakhtchal ou Yakhchal : dispositif de fabrication en hiver et de stockage en été de la glace
glacière / conservation

SHIRAZ mausolée Saadi
Shiraz sardab public jouxtant le mausolée de Saadi
sardab public

KASHAN Fin Garden
Kashan jardin de Fin par Shah Abbas 1er (1571-1629) complété sous les Kadjars au XIXe siècle
Shah Abbas av. 1629

ISPAHAN Hast Behesht
Ispahan palais Hasht-Behesht en 1669 par Suleiman Ier (1666-1694)
Suleiman 1er 1669

KASHAN Manouchehri
Kashan maison Manouchehri vers 1736
vers 1736

YAZD Dolat Abad
Yazd jardin et palais Dolat Abad vers 1750 par le régent Karim Khan Zand (1760-1779)
Karim Khan Zand v. 1750

TABRIZ Bazaar
Tabriz Bazaar reconstruit après le tremblement de terre de 1778 sous Karim Khan Zand (1760-1779)
Karim Khan Zand 1779

SHIRAZ hammam Vakil
Shiraz Hammam Vakil sous Karim Khan Zand (1760-1779)
Karim Khan Zand av. 1779

KASHAN maison Ameriha
Kashan maison Ameriha avant 1779 par Agha Ameri, gouverneur zandide de Kashan
Agha Ameri av. 1779
KASHAN maison Abbasi
Kashan maison Abbasi vers 1794 par Agha Abbasi, riche marchand de verre
Agha Abbasi 1780-1800
KASHAN maison Tabatabaei
Kashan maison Tabatabaei construite pour Jafar Tabatabaei riche marchand par l'architecte Ustad Ali Maryam vers 1840
Ustad Ali Maryam 1840-1880
KASHAN maison Boroudjerdi
Kashan Boroudjerdi ou Borujerdi construite pour la fille de Jafar Tabatabaei mariée à Mehdi Borujerdi riche marchand de tapis par l'architecte Ustad Ali Maryam vers 1857
Ustad Ali Maryam 1857

Kashan Bazaar
Kashan Bazaar Khan Timche-ye Amin od-Dowleh construit par l'architecte Ustad Ali Maryam en 1863
Ustad Ali Maryam 1863

KERMAN Mahan Shazdeh
Kerman Mahan jardin Shazded v. 1870 sous Abdolhamid Mirza Naserodolleh (1848-1896)
Nassereddine Chah v. 1870


ARCHITECTURE MODERNE
histoire de l'architecture moderne en Allemagne jusqu'en 1933 ; conference de Frederic Morin
LES APPORTS ALLEMANDS


LES PONTS histoire et techniques de construction des ponts depuis l'Antiquité romaine jusqu'à aujourd'hui ; conference de Frederic Morin
HISTOIRE & TECHNIQUES


MUSEES DU Architectures des musées du Sud-Est de la France ; conference de Frederic Morin
SUD-EST DE LA FRANCE


MATERIAUX de CONSTRUCTION
conference 2019 histoire techniques fabrication des materiaux de construction ; conference de Frédéric Morin
histoire de leur fabrication


ARCHITECTURE CHRETIENNE
conference 2019 histoire de l'architecture chrétienne le long du pelerinage de Saint-Jacques de Compostelle
sur les chemins de St-Jacques


ENTRE DEHORS ET DEDANS
LA CONCEPTION MUSULMANE DE L'ARCHITECTURE
  La notion musulmane de l’espace privilégie un espace intermédiaire
  entre les espaces intérieurs et extérieurs : « ENTRE DEDANS ET DEHORS ».
  L’aboutissement de l’art des architectes musulmans ne serait pas la conception des volumes, 
  mais résiderait plutôt dans la manière de ne pas fermer l’espace.
conception musulmane de l'espace


RETOUR VERS
LES AUTRES
CONFERENCES DE
FREDERIC MORIN
cliquez ici

.