Motte et château de COMPS sur le GR9

Le tourisme du Patrimoine historique et culturel

autour des chambres d'hôtes Frédéric MORIN et SALOME à Saillans

A l’aube du XIe siècle Comps était le chef-lieu de la "vicaria de Culmis", une viguerie, division civile ancienne qui conforte l’importance de son église St-Pierre et St-Paul, magnifiquement perchée sur un promontoire dominant la vallée où le Jabron (littéralement «fleuve divin» en celte) prend sa source, au pied d’un oppidum gaulois culminant à 815m au lieu-dit «La Motte», oppidum vaste de plusieurs hectares et commandant toute la région.
La première mention de Comps remonte à une donation faite en 1031 par un comte Adhémar au bénéfice de l'abbaye de Savigny (Rhône). A cette même date de 1032, le comté de Diois du royaume de Bourgogne-Provence passe entre les mains de l’empereur du Saint-Empire Romain Germanique.
Odon de Comps participe avec éclat à la première croisade de 1095 ; il est possible que les Comps s'y soient distingués et aient conforté les relations qui les ont constamment liés aux évêques de Diois et Valentinois.
L'église de Comps est citée de nouveau en 1107 sous la forme "Ecclesia de Culs" : il s'agit d'un édifice antérieur à celui que nous voyons aujourd'hui.
l'oppidum de Comps sur le GR9 vu depuis l'oppidum de Bezaudun sur le GR9 au Nord
la butte sommitale de l'oppidum de La Motte de Comps
Au Nord-Est de l'église en altitude au lieu-dit La Motte se développe la butte majestueuse d'un oppidum qui domine le paysage défensif de la région. Installé juste au-dessus de la source du Jabron (littéralement "dieu-fleuve" en Celte) qui traverse plus bas Dieulefit, cet oppidum est entouré de plusieurs lieux-dits portant d'autres toponymes celtes tels que La Gallienne (racine celte du nom du "coq" gaulois que l'on entend dans "gallinacée").
cartographie détaillée de Comps
En 1088, Frère Gérard fonde l'Ordre des Hospitaliers de St-Jean-de-Jérusalem pour mieux organiser le voyage des pélerins chrétiens à destination de Jérusalem. A sa mort, Raymond du Puy originaire de Rochefort-en-Valdaine est élu en 1123 le premier Grand-Maître de l'Ordre des Hospitaliers.
En 1095 au concile de Clermont, le pape Urbain II prêche la première croisade et désigne Adhémar de Monteil, alors évêque du Puy (en Velay) pour conduire cette conquête de Jérusalem. Isoard Ier évêque de Die et Odon de Comps accompagnent Raymond de Saint-Gilles comte de Toulouse et le légat du Pape Adhémar de Monteil.
Jérusalem devient chrétienne en 1099 ; l'Hôpital reçoit le Krak des Chevaliers en 1142.
En 1163, Arnaud de Comps est élu le troisième Grand-Maître de l'Ordre des Hospitaliers; suivi dans cette charge par Bertrand de Comps élu 16e Grand-Maître en 1244. comps drome photo aerienne oppidum motte chateau eglise st-paul
le château de Comps a été réaménagé à la Renaissance
Le château médiéval de Comps tout voisin est encore aujourd’hui une pièce maîtresse du paysage drômois ; il est mentionné en 1210 dans le cartulaire de Die "Castrum de Cums" qui prend en 1293 la forme de "Castrum de Combis" avant de prendre la forme "Castrum de Comps" en 1324 parmi les seigneuries qui rendent hommage au Comte de Valentinois.
Comps a peut-être vu naître au milieu du XVe siècle Etienne de Vesc, dit «Monsieur le Sénéchal» (de Beaucaire, Nîmes et autres lieux du Languedoc), vice-roi de Naples, chargé par Louis XI de l'éducation de du futur Charles VIII. Etienne fut-il l’un des fils naturels du Dauphin Louis futur onzième du nom ? peu probable en fait.
Les fenêtres à meneau du logis seigneurial du château de Comps font remonter la construction à ce XVe siècle, à Raymond ou son fils Pierre II de Vesc seigneurs de Comps.
les courbes de niveau font voir les aménagements défensifs du site
la façade ouest a perdu son rôle défensif
Cantonné de quatre tours cylindriques saillant fortement à l'extérieur du mur d'enceinte, le château de Comps est organisé autour d'une cour à laquelle on accède par le portail principal à l'Est.
Les deux tours encadrant le logis sont plus élevées que celles encadrant la façade d'entrée à l'Est.
Cette cour haute est encadrée par deux corps de bâtiment à deux niveaux, l'un servant autrefois de salle des gardes.
Au fond de la cour à l'Ouest, le logis principal s'élève sur trois niveaux à l'emplacement le plus élevé du site, initialement occupé par une tour de pierre faisant sans doute suite à une première tour de bois.
A l'Ouest du château, une esplanade se développe, limitée par un fort talus autrefois couronnée d'une palissade en bois : la basse-cour dans laquelle les habitants et leur bétail étaient protégés en cas d'attaque.
une exploitation agricole fait vivre les habitants du château

La famille des Comps s'éteint au XIIIe siècle dans celle des Vesc, les puissants seigneurs de la commune voisine dont les premiers peuplements sur la Montagne de Vesc se perdent dans la nuit des temps.
En 1170, Hugues de Vesc épouse Douceline Allemand de la Bâtie-Blacons, union dont naît Dalmas seigneur de Comps et coseigneur de Dieulefit "parero de Deolofes" comme du Pègue en 1245. L'autre coseigneur de Dieulefit est le commandeur de Poët-Laval, possession de l'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. En 1264, ce même Dalmas de Vesc vend le 1/8e qu'il possède de la Tour de Chabrillan. Dalmas de Vesc succède à Bertrand de Comps, décédé sans descendance puisque Grand-Maître des Hospsitaliers de St-Jean.
Guillaume de Vesc seigneur de Comps lui succède ; celui-ci rend homage à Aymar III de Poitiers en 1277, achète une terre à Dieulefit en 1280 puis en 1305 et décède en 1315.
Suit Dalmas II de Vesc, mort avant 1334, date de l'hommage rendu par son fils Guillaume II au comte de Valentinois. Suit Dalmas III toujours seigneur de Comps et coseigneur de Dieulefit, lequel épousa en 1339 Alix d'Ancézune dont il eu Guillaume III de Vesc né en 1350. Dalmas III obtint en 1361 de Gaucher Adhémar de Monteil l'exemption du péage de Montboucher pour les habitants de Dieulefit. Il transigea avec ces dieulefitois en 1362, en 1377 et 1379, juste avant les troubles causés par les routiers de Raymond de Turenne.
Né en 1350, son fils Guillaume III de Vesc seigneur de Comps et coseigneur de Dieulefit a épousé Antoinette d'Athis, d'Orange. Guillaume III apparaît en 1400 dans une transaction entre Jean de Merle mandataire d'Adhémar de Brotin commandeur de Poët-Laval et les syndics de Dieulefit, pendant les troubles des routiers.
Son fils Jean de Vesc seigneur de Comps et coseigneur de Dieulefit accorde en 1421 aux syndics de Dieulefit l'autorisation de créer une tuilerie au quartier Alba Boteria, aujourd'hui Les Plates, où fut extraite l'argile des potiers de Dieulefit jusqu'en 1960. Jean de Vesc épousa Firmine de Gandin dont il eut Raymond puis Pierre.
Pierre de Vesc seigneur de Grimaud et Caderousse eut d'Isnarde de Saint-Pol, vers 1448, Etienne de Vesc le personnage le plus connu de la dynastie des Vesc. Seigneur de Caromb, baron de Grimaud, sénéchal de Beaucaire, Nîmes et des états du Languedoc, Etienne de Vesc servit successivement Louis XI, Charles VII et Louis XII en dirigeant, par exemple, la Maison du dauphin Charles à Amboise. Etienne a joué un rôle assez considérable dans les premières campagnes d'Italie, à partir de 1494 jusqu'à sa mort en 1501 : il était alors chambellan du royaume de Naples.
Raymond de Vesc seigneur de Comps et coseigneur de Dieulefit, épousa en 1443 Clairette de Grane fille de Claude de Grane et de Dauphine Arnaud, laquelle devint veuve et épousa Rostaing de Vesc seigneur de Montjoux et constructeur dudit château. En 1447, Raymond eut à trancher un différend entre les habitants de Dieulefit et les seigneurs qui avaient réservé l'exclusivité du droit de chasse au dauphin Louis pour se faire bien voir.
Son fils Pierre II de Vesc épousa en 1484 Alix de Tholon, fille de Louis de Sainte-Jalle et de Louise de Clermont-Montoison. Pierre II de Vesc prit part, aux côtés de son cousin Etienne, aux premières campagnes d'Italie. Il participa activement aux batailles de Fornoue (1495), de Gênes (1507) et d'Agandel (1509). Il est mort en 1510. Il faut voir en Pierre II de Vesc le constructeur probable du logis du château de Comps avec ses fenêtres à meneaux assez frustes, surtout en comparaison du château de Montjoux terminé avant 1498.
Il est vraisemblable que cette construction du XVe siècle vienne compléter et englober, plutôt que remplacer, une tour de pierre antérieurement construite, au XIIe siècle par exemple comme partout dans la région.

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